LAURENCE PRIMEAU

Depuis quand es-tu libraire à la Librairie Poirier ? Quel a été ton parcours ?

Ça fera 3 ans cet automne que je travaille ici et c’est la première fois que je travaille dans une librairie. J’ai fait un baccalauréat en Littératures de langue française à l’Université de Montréal, puis après j’ai fait des petits contrats un peu reliés avec ça. J’ai travaillé pour une entreprise qui vendait des programmes de tutorat pour apprendre le français et l’anglais, j’ai fait un peu de traduction, des petites choses comme ça! C’est ma première expérience en tant que libraire et j’aime vraiment ça.

Y a-t-il une différence entre ta vision de ce qu’était le métier de libraire avant de commencer versus maintenant ? Est-ce que tu avais une idée de ce que c’était être libraire ?

Je dirais que oui et non. C’est sûr que quand on commence dans un domaine on ne peut pas voir l’étendue de la chose avant de se mettre les deux pieds dans la gadou haha. J’ai une meilleure idée de l’ensemble, ne serait-ce que la réception, acheter des livres, recevoir les représentants et tout ça. La vie culturelle est assez vibrante à la Librairie Poirier en temps «hors-Covid», donc cette partie-là répondait vraiment à mes attentes parce que c’est ce que je retrouvais quand j’allais dans les librairies à Montréal, l’ambiance événementielle. Je m’attendais évidement au plaçage et à la commande de livres, mais j’avais certainement une moins bonne idée de ce que ça impliquait vraiment. Ça a été de la découverte, puisque je ne m’étais pas nécessairement faites d’attentes à proprement dites.

Qu’est-ce tu lisais quand tu étais plus jeune et qui a éveillé ton goût pour la lecture ? Y a-t-il un livre qui t’as particulièrement marqué ?

eIl y en a eu beaucoup. Je lis vraiment depuis que je suis toute petite. J’ai commencé beaucoup avec les livres de Dominique Demers et de Gilles Tibo, j’aimais vraiment ça. La série Noémie de Gilles Tibo, je l’ai lue au complet haha. Je lisais beaucoup de bandes dessinées aussi. Sinon, en grandissant je me souviens d’avoir développé des goûts vraiment différents. Je lisais autant des romans noirs, policiers, que des romans historiques, de la romance, de la bande dessinée, bref, ça variait beaucoup! Surtout du Stephen King, Patrick Sénécal à l’adolescence, Edgar Allan Poe et le Marquis de Sade en vieillissant, des trucs un peu plus alternatifs ou «extrêmes», j’ai toujours été dans la variété. Il y en a tellement qui m’ont marquée que je ne pourrais pas en choisir un en particulier. Ma mère nous emmenait à la bibliothèque chaque semaine pour faire notre tour, donc mon éveil est sûrement venu de là, mais sans jamais avoir besoin de me pousser pour lire, j’adorais lire de moi-même et ça s’est poursuivi au fil du temps.

Pour toi, que représente un livre ? 

Ça dépend de quel type de livre c’est. Je n’ai pas juste une intention quand je vais lire un livre, parfois ça va être pour m’instruire sur des sujets qui m’intéressent, et il y a beaucoup de sujets qui m’intéressent haha. Parfois je vais lire des ouvrages plus spirituels pour le développer mon bien-être ou certains concepts qui peuvent nous aider à évoluer dans la vie. Parfois ça va être pour me distraire, pour m’évader dans un autre monde, comme du fantasy ou du fantastique. Sinon, ça peut être simplement une expérience en soi, dans l’imagination. Pour moi c’est ça le livre. Autant nous permettre de nous évader ou nous confronter à certains phénomènes de la réalité ou encore juste d’apprécier l’expérience littéraire parce que le style d’écriture est vraiment exceptionnel.

As-tu un auteur ou éditeur préféré ?

Hum non ? Hahaha Car il y a trop de choses différentes que j’aime. C’est sûr qu’il y a des résurgences dans mes lectures, je remarque que je lis beaucoup de romans québécois. Ça peut être des recueils de nouvelles, j’ai un faible pour la forme de la nouvelle. J’aime aussi ce qui est le mélange des genres, parfois ça peut être mi-roman graphique, mi-poésie. Romans, proses quand c’est tout mélangé ensemble. J’aime quand c’est bien écrit et que c’est quelque chose d’original, après ça peut être pas mal n’importe quoi dans n’importe quel genre, que ce soit essayistique, romanesque, fictionnel ou non. Sans surprise, comme plusieurs de mes collègues j’ai un penchant pour les éditions Alto. J’aime les éditions de la Peuplade, Héliotrope aussi. Sinon, un de mes «classiques» c’est Fictions de Jorge Luis Borges, un recueil de nouvelles, mais tellement variées de l’une à l’autre. Il y a des sujets plus métaphysiques, certains qu’on pourrait qualifier de réalisme-magique, c’est vraiment varié. Ça permet tellement de différentes façons d’entrevoir la réalité que ça m’avait réellement marquée. Il y a aussi des auteurs comme Hermann Hesse, Julio Cortazar ou dans le québécois Catherine Mavrikakis, Heather O’Neil. Éric Plamondon aussi, j’aime beaucoup tout ce qu’il fait et c’est assez varié. Pour les gens qui sont issus du milieu littéraire, je pense que Chasse à l’homme de Sophie Létourneau est un incontournable, lisez-le.

As-tu un auteur ou éditeur préféré ?

Hum non ? Hahaha Car il y a trop de choses différentes que j’aime. C’est sûr qu’il y a des résurgences dans mes lectures, je remarque que je lis beaucoup de romans québécois. Ça peut être des recueils de nouvelles, j’ai un faible pour la forme de la nouvelle. J’aime aussi ce qui est le mélange des genres, parfois ça peut être mi-roman graphique, mi-poésie. Romans, proses quand c’est tout mélangé ensemble. J’aime quand c’est bien écrit et que c’est quelque chose d’original, après ça peut être pas mal n’importe quoi dans n’importe quel genre, que ce soit essayistique, romanesque, fictionnel ou non. Sans surprise, comme plusieurs de mes collègues j’ai un penchant pour les éditions Alto. J’aime les éditions de la Peuplade, Héliotrope aussi. Sinon, un de mes «classiques» c’est Fictions de Jorge Luis Borges, un recueil de nouvelles, mais tellement variées de l’une à l’autre. Il y a des sujets plus métaphysiques, certains qu’on pourrait qualifier de réalisme-magique, c’est vraiment varié. Ça permet tellement de différentes façons d’entrevoir la réalité que ça m’avait réellement marquée. Il y a aussi des auteurs comme Hermann Hesse, Julio Cortazar ou dans le québécois Catherine Mavrikakis, Heather O’Neil. Éric Plamondon aussi, j’aime beaucoup tout ce qu’il fait et c’est assez varié. Pour les gens qui sont issus du milieu littéraire, je pense que Chasse à l’homme de Sophie Létourneau est un incontournable, lisez-le.

Que lis-tu en ce moment ?

Le dernier que j’ai lu c’est Mr.Big ou la glorification des amours toxiques d’India Desjardins. Sinon, je suis en train de lire Lune rouge de Miranda Gray, c’est un ouvrage spirituel sur les menstruations et le féminin sacré. Je lis aussi, de Sébastien Chabot, Noir Métal aux éditions Alto.

Qu’est-ce qui est dans ta pile à lire ?

Les dernières nouvelles du mensonge d’Anne-Cécile Robert, qui est un essai sur les fake news. Dans ma pile j’ai aussi Les revenants d’Yvon Paré, qui a l’air d’être un roman assez surréaliste, voir même psychédélique. Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier, que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire et le dernier livre d’Éric Plamondon, Aller aux fraises.


Quelle est, selon toi, la ou les différence(s) entre la Librairie Poirier et les autres librairies ?

Je dirais que c’est notre variété, on est très exhaustif. On est pas la librairie la plus spécialisée, mais on va retrouver de tout. On peut retrouver dans nos sections des trucs assez «niche» ou spécialisés, mais il y surtout beaucoup de variété. Si quelqu’un veut venir chercher un livre de cuisine, un livre jeunesse, un recueil de poèmes, un essai, bref! Nos libraires sont vraiment là pour les conseiller et on a vraiment l’inventaire pour répondre à ces demandes-là. Je pense que cette diversité se manifeste aussi dans la spécialisation des collègues et de leurs intérêts. On s’entend tous bien et on est soudés. On échange sur nos dernières lectures, ce qui nous permet de conseiller de façon encore plus variée. Je pense que ça c’est un plus!

La question qui tue. Quel est LE livre que tout le monde devrait avoir lu selon toi ?

Ayoye. Ouf. Je trouve que c’est une question vraiment impossible parce que séduire une personne, pour la faire entrer dans le monde de la lecture, il faut vraiment cibler ce que la personne aime ELLE, ce qui va l’accrocher elle. C’est tellement diversifié et personnel. Ça change tout le temps. Je vais quand même essayer d’en nommer deux ou trois…

Je dirais qu’en terme de sensibilité, je pense que peu de gens peuvent résister à L’avalée des avalés de Réjean Ducharme. C’est un classique québécois, c’est tellement bien écrit. C’est peut-être un peu cliché de nommer Réjean Ducharme, mais il a rejoint tellement de monde par son écriture exceptionnelle, c’est une écriture qui berce, qui nous transporte, qui est tellement belle qu’on peut en pleurer. Je pense que tout le monde peut être touché par ça à un certain niveau.

Sinon, je remarque que les gens que je connais qui s’intéressent à la littérature, dont certains collègues, ont tous été marqués par Frankenstein de Mary Shelley et je le recommande à tout le monde. Je pense que tout le monde peut se reconnaître dans cette histoire, même si c’est une ambiance de 19e siècle gothique, tout le monde peut s’identifier à la douleur du monstre. C’est une belle leçon d’humanité avec un regard critique sur les inventeurs et la raison, la responsabilité de mettre des choses au monde. Il y a un aspect éthique et très touchant là-dedans, une belle sensibilité qu’on ne peut pas soupçonner sans l’avoir lu. C’est très triste, moi j’ai pleuré en le lisant.

Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley! Tout le monde devrait lire ça pour entrevoir encore une fois des enjeux moraux dans notre société et c’est encore très actuel malgré que ça l’a été écrit le siècle passé. C’est un auteur que j’affectionne beaucoup parce qu’il a un parcours assez original et éclectique. Ce roman-là nous amène à nous questionner sur les enjeux de notre civilisation, sur notre futur, la façon qu’on perçoit l’humain et le capitalisme.

La question qui tue. Quel est LE livre que tout le monde devrait avoir lu selon toi ?

Ayoye. Ouf. Je trouve que c’est une question vraiment impossible parce que séduire une personne, pour la faire entrer dans le monde de la lecture, il faut vraiment cibler ce que la personne aime ELLE, ce qui va l’accrocher elle. C’est tellement diversifié et personnel. Ça change tout le temps. Je vais quand même essayer d’en nommer deux ou trois… Je dirais qu’en terme de sensibilité, je pense que peu de gens peuvent résister à L’avalée des avalés de Réjean Ducharme. C’est un classique québécois, c’est tellement bien écrit. C’est peut-être un peu cliché de nommer Réjean Ducharme, mais il a rejoint tellement de monde par son écriture exceptionnelle, c’est une écriture qui berce, qui nous transporte, qui est tellement belle qu’on peut en pleurer. Je pense que tout le monde peut être touché par ça à un certain niveau. Sinon, je remarque que les gens que je connais qui s’intéressent à la littérature, dont certains collègues, ont tous été marqués par Frankenstein de Mary Shelley et je le recommande à tout le monde. Je pense que tout le monde peut se reconnaître dans cette histoire, même si c’est une ambiance de 19e siècle gothique, tout le monde peut s’identifier à la douleur du monstre. C’est une belle leçon d’humanité avec un regard critique sur les inventeurs et la raison, la responsabilité de mettre des choses au monde. Il y a un aspect éthique et très touchant là-dedans, une belle sensibilité qu’on ne peut pas soupçonner sans l’avoir lu. C’est très triste, moi j’ai pleuré en le lisant. Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley! Tout le monde devrait lire ça pour entrevoir encore une fois des enjeux moraux dans notre société et c’est encore très actuel malgré que ça l’a été écrit le siècle passé. C’est un auteur que j’affectionne beaucoup parce qu’il a un parcours assez original et éclectique. Ce roman-là nous amène à nous questionner sur les enjeux de notre civilisation, sur notre futur, la façon qu’on perçoit l’humain et le capitalisme.

En tant que libraire, on pose beaucoup de questions pour essayer de trouver LE livre qui correspond aux besoins de la personne. Si les rôles étaient inversés et que tu étais une cliente, comment tu décrirais tes goûts pour te faire conseiller ?

Je dirais les mots clés éclectique, ésotérique, psychédélique. Impressionnez-moi. J’aurais envie de me faire conseiller quelque que chose que je ne connais pas et que je n’ai jamais lu. Je suis vraiment ouverte, ça peut aller d’un thriller à une bande dessinée ou un recueil de poésie. Peu importe. Quelque chose dont l’écriture, le traitement du sujet ou la forme va me marquer. Quelque chose qui sort de l’ordinaire.