Mois national de
l’histoire autochtone

 

Célébrons ce mois-ci en soulignant les oeuvres de la littérature autochtone. Dans cet article, vous retrouvez des  livres qui méritent votre attention ainsi que les coups de coeur de nos libraires.

 

Image en-tête : https://nativecanadianarts.com/

COUPS DE COEUR

 

 

« Une épopée à travers les terres sauvages en 100 pages. Nouvelle traduction du premier roman inuktitut. Dépaysement garanti. »

– Laurence G

 

Chasseur au harpon • Markoosie Patsauq • Boréal

Paru il y a cinquante ans, Chasseur au harpon est considéré comme le premier roman en inuktitut jamais publié. Dans ce livre qui a grandement contribué à l’essor de la littérature autochtone au Canada, Markoosie Patsauq plonge dans la réalité d’une communauté encore préservée de l’intrusion de la modernité où la coopération et la vigilance sont les seuls gages de survie.

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Surtout, à travers la traque symbolique d’un ours et le dur apprentissage d’un jeune garçon, il met en scène le combat immémorial que ces hommes et ces femmes doivent livrer pour survivre.Pour la toute première fois, cette édition propose une traduction en français établie à partir du texte original en inuktitut, et non à partir de son adaptation en anglais. Accompagnée d’un avant-propos inédit de Patsauq, d’une préface de Mary Simon, ancienne présidente du Conseil circumpolaire inuit, et d’une postface des traducteurs, elle offre une lecture nouvelle et une remise en contexte bienvenue de ce roman fondateur.

 

 

« Un livre passionnant porté par différents styles d’écritures et une imagination qui donne des frissons! »

– Kilyan

 

 

Croc fendu • Tanya Tagaq • Alto

Elle grandit au Nunavut dans les années 1970. Elle connaît la joie, l’amitié, l’amour des parents, l’art du camouflage et de la survie. Elle connaît l’ennui et l’intimidation. Elle connaît les ravages de l’alcool, la violence sourde, le courage d’aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits. Elle scande en silence le pouvoir brut, amoral, de la glace et du ciel. Dans ce récit venu de loin, d’un espace intime et profond où les frontières s’effacent, Tanya Tagaq chronique les jours terribles d’un village écrasé sous le soleil de minuit.

 « Dans cette lettre à son amie Shuni (Julie, pour les Innus), Naomi Fontaine raconte son peuple, ses parents, son village. Elle s’adresse aussi à son fils, Petit ours, espérant l’aider à trouver sa place entre tradition et modernité. Une lecture apaisante comme un long jour d’été. »

– Louise

Shuni • Naomi Fontaine • Mémoire d’encrier

Naomi Fontaine écrit une longue lettre à son amie Shuni, une jeune Québécoise venue dans sa communauté pour aider les Innus. Elle convoque l’histoire. Surgissent les visages de la mère, du père, de la grand-mère. Elle en profite pour s’adresser à Petit ours, son fils. Les paysages de Uashat défilent, fragmentés, radieux. Elle raconte le doute qui mine le coeur des colonisés, l’impossible combat d’être soi. Shuni, cette lettre fragile et tendre, dit la force d’inventer l’avenir, la lumière de la vérité. La vie est un cercle où tout recommence.

« Un manifeste puissant par une femme déterminée et courageuse. Une voix authentique qui dénonce l’injustice qui a frappé les siens. »

– Laurence G.

Je suis une maudite sauvagesse • An Antane Kapesh • Mémoire d’encrier

Extrait de la préface par Naomi Fontaine : « La première écrivaine de ma nation n’est pas une conteuse, comme on pourrait s’y attendre. Elle est une essayiste. Dans cette œuvre fondatrice, Kapesh se dit fière de ses racines. Fière malgré l’incroyable impasse historique qui nous a fait devenir petits aux yeux des nouveaux arrivants. Fière malgré la haine, le mépris, les préjugés et les réserves. Fière parce qu’elle possédait, ce que peu possèdent désormais, la connaissance du territoire. Elle savait vivre à travers les espaces sans carte et sans boussole. Sans frontière. »

« Recueil coup de poing qui explore ce qu’on peut ressentir quand on vit en marge de la société, à l’intersection de deux minorités qui sont parfois elles-mêmes incompatibles.» – Guillaume

Fif et sauvage • Shayne Michael • Perce-neige

Fif et sauvage est un livre à lire comme on marche sur une corde raide. Un vertige à mi-chemin entre le ciel et la terre ; entre les identités acadienne, queer et Wolastoqiyik ; entre les présupposés et l’affirmation. Fif et sauvage devient une sorte de réappropriation de sujets stéréotypés et de termes péjoratifs que se permet l’auteur afin de porter un regard honnête et brut sur soi et sur l’autre.

« Une belle prise de conscience sur la crainte qui pèse très lourdement sur les femmes autochtones.»

– Katrine

Si je disparais • Brianna Jonnie • De l’Isatis

« Mon nom est Brianna Jonnie. J’ai quatorze ans. Je suis autochtone. J’ai plus de chances de disparaître que mes pairs » En 2016, Brianna a écrit une lettre ouverte de dénonciation pour sensibiliser le public à la négligence des services de police dans la recherche des femmes autochtones disparues.

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Si je disparais est un roman graphique coup de poing, basé sur une histoire vraie, ou plutôt sur trop d’histoires vraies. La disparition et le meurtre de femmes et de filles autochtones ne sont PAS uniquement des problèmes autochtones canadiens. Ce sont des tragédies qui relèvent des droits humains partout dans le monde.

« Entre les problèmes familiaux, les apparitions, les répliques cinglantes (et hilarantes) de sa fille et le marathon de la réserve, Rose coure entre le drame et l’humour. Dawn Dumont ouvre une fenêtre sur la vie d’une communauté crie d’aujourd’hui, et nous prouve par le fait même que la Saskatchewan n’est peut-être pas si plate, après tout. »

– Anne-Marie

La course de Rose • Dawn Dumont • Hannenorak

Après avoir perdu son emploi et son mari musicien, Rose Okanese, mère de deux filles au caractère bien trempé, décide qu’il est temps de s’occuper d’elle-même et de remonter son estime de soi. Son idée de génie : courir le marathon annuel organisé dans sa réserve, et ce, malgré le fait qu’elle n’a pas enfilé de souliers de course depuis vingt ans, qu’elle fume comme une cheminée et que l’optimisme n’est pas sa plus grande qualité.

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Ce dont elle ne manque pas, en revanche, c’est de spontanéité, et bien qu’elle regrette au départ de s’être engagée dans ce projet, elle se laisse peu à peu mener par son destin. Celui-ci placera sur son chemin un adversaire inattendu et on ne peut plus redoutable : un vieux démon bien connu de la communauté, avec lequel elle devra se battre pour conserver son indépendance d’esprit… C’est peu dire qu’en deux temps, trois mouvements, le chaos s’installe dans la réserve.

« Un récit qui va à la rencontre de plusieurs vies et où la vérité, cachée ou dévoilée, frappe où il le faut. »

– Juliette

Kuessipan • Naomi Fontaine • Mémoire d’encrier

Premier roman d’une jeune femme de vingt-trois ans qui rappelle par la puissance de son écriture quelques grands noms de la littérature autochtone comme Tomson Highway, Scott Momaday. Naomi Fontaine rejoint les grandes voix humaines. Kuessipan est un livre bouleversant qui nous fait découvrir le quotidien sur une réserve innue. C’est avec la grâce et la justesse d’une langue éblouissante que l’auteure Naomi Fontaine évoque cette réalité. Kuessipan : mot innu signifiant « à toi » ou « à ton tour ».

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Ce sont des lieux, des visages connus et aimés. Des chasseurs nomades. Des pêcheurs nostalgiques. Des portraits. Des vies autour de la baie qui reflète les choses de la Terre. Les lièvres. La banique. Les rituels. Les tambours en peau de caribou qui font danser les femmes. Des enfants qui grandissent. Des vieux qui regardent passer le temps. Des saumons à pêcher. Des épinettes. Des barrières visibles et invisibles. Des plaisirs éphémères. De l’alcool qui éclate les cervelles. Des souvenirs. Des voyages en train. Et surtout l’évidence que la vie est cet ensemble de morceaux à emboîter pour que naisse la symphonie.

« L’essai Kuei je te salue propose un dialogue réflexif sur la question du racisme, en partie celui auquel font face les Autochtones. À la fois profond mais accessible, cet échange permet d’ouvrir la discussion sociale. Un incontournable de la littérature québécoise! »

– Anne-Marie

Kuei, je te salue • Natasha Kanapé Fontaine • Écosociété

En 2016, la poète Innu Natasha Kanapé Fontaine et le romancier québéco-américain Deni Ellis Béchard entamaient une conversation sans tabou sur le racisme entre Autochtones et Allochtones. Cette rencontre littéraire et poétique ouvrait un dialogue nécessaire et faisait émerger une série de questions. Comment cohabiter si notre histoire commune est empreinte de honte, de blessures et de colère ? Comment faire réaliser aux Blancs le privilège invisible de la domination historique? Comment guérir les Autochtones des stigmates du génocide culturel ? Édition 2021 revue et augmentée.

« Des poèmes sur la mémoire, la vieillesse, le territoire, l’autre et soi. Joséphine Bacon décrit bien ce quelque part où se mélangent le passé et le présent, l’ici et l’ailleurs, la parole et le silence. »

– Juliette

 

 

Uiesh Quelque part • Joséphine Bacon • Mémoire d’encrier

Quelque part, une aînée avance. Elle porte en elle Nutshimit, Terre des ancêtres. Une mémoire vive nomadise, épiant la ville, ce lieu indéfini. La parole agrandit le cercle de l’humanité. Joséphine Bacon fixe l’horizon, conte les silences et l’immensité du territoire.

EN BANDE DESSINÉE

«La vérité, c’est que je suis Québécoise, que ma famille habite leur territoire traditionnel depuis plus de 200 ans et, pourtant, je ne connais pratiquement rien d’eux et je n’en connais aucun. La vérité, c’est que j’ai honte de moi. Honte de nous.»

Racontée à partir de sa propre expérience mais aussi celle de nombreux Autochtones et Allochtones, cette œuvre polyphonique explore les legs de notre inconscient colonial et fait surgir des histoires trop longtemps restées dans l’ombre.

Parti à la rencontre des Denes en 2015 dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, l’auteur raconte en images l’histoire de ce peuple autochtone, ses traditions et ses premières rencontres avec les Anglais. Ils furent d’abord livrés à eux-mêmes jusqu’à ce que la découverte du pétrole et de l’or incite le gouvernement à officialiser son autorité sur eux comme sur leurs terres.

POUR LA JEUNESSE

 

« Un conte idéal pour construire une routine du dodo amusante avec votre enfant! »

– Katrine

 

Allez, au lit! • Ceporah Mearns • Les malins

C’est l’heure de se mettre au lit, mais Siasi n’est pas du même avis! Elle ne veut pas se brosser les dents, elle veut danser avec l’ours polaire. Elle ne veut pas mettre son pyjama, elle veut faire la course avec le caribou. Elle ne veut pas ranger sa chambre, elle veut voler avec les oies sauvages! Décidément, Siasi n’est pas près de se mettre au lit!

Une belle histoire à lire avant de se coucher où, grâce à l’imagination débordante du personnage de Siasi, les enfants découvriront les animaux du Grand Nord et partiront avec eux dans une grande aventure.

Nibi a soif, très soif • Sunshine Tenasco • Scholastic

Nibi (dont le nom signifie « eau » dans la langue anishinaabe) est une jeune fille autochtone à la recherche d’eau potable. En dépit des nombreux obstacles auxquels elle fait face, elle provoque d’importants changements dans son entourage! Bientôt, grâce à sa détermination et à son énergie contagieuse, tous les membres de sa communauté ont accès à de l’eau de qualité. Cet album parfait pour la lecture à voix haute démontre que, même lorsqu’un problème semble trop gros à affronter, les efforts de chacun d’entre nous comptent! Parents et enfants seront inspirés par le texte empreint d’espoir de l’auteure Sunshine Tenasco et par les illustrations à couper le souffle de Chief Lady Bird, qui évoquent la force et la résilience

 

« Un album permettant de sensibiliser les jeunes à la réalité des Premières Nations. Une belle histoire de persévérance. »

– Laurence G.

« La triste époque des pensionnats racontée à travers les yeux de Nipishish.  Une histoire touchante et nécessaire. Celle-ci permet de se plonger dans l’expérience déchirante vécue par trop d’autochtones. »

– Laurence G

Le pensionnat • Michel Noël • Dominique et compagnie

Voici une histoire tragique inscrite dans le passé de notre pays. Celle de Nipishish et de ses amis, qui sont transplantés contre leur gré dans un pensionnat indien. Pour le privilège d’apprendre à lire et à compter, les jeunes Amérindiens auront un prix horrible à payer… Une aventure vécue, écrite dans une langue magnifique, qui restera gravée dans le coeur des lecteurs. Michel Noël a vécu son enfance en forêt, en milieu autochtone, et sa culture première est celle des Anishnabés. Il est Métis et, par son oeuvre, il partage l’héritage culturel qui l’habite. Avec ce roman essentiel, il invite le lecteur à découvrir et à mieux comprendre un épisode cruel de l’Histoire du Canada et des peuples autochtones. Dès 13 ans.

Je ne suis pas un numéro • Jenny Kay Dupuis • Scholastic

Irene, huit ans et ses deux frères sont forcés de quitter leur famille pour aller dans un pensionnat loin de chez eux. C’est la loi! Dans cet endroit austère, on les empêche de parler leur langue et on leur donne un numéro en guise de nom. À la fin de l’année scolaire, les enfants rentrent à la maison et informent leurs parents des conditions exécrables dans lesquelles ils doivent vivre au pensionnat. Trouveront-ils un moyen de cacher les enfants afin qu’ils n’y retournent jamais? Inspiré de la vie de la grand-mère de Jenny Kay Dupuis, Je ne suis pas un numéro met en lumière une sombre partie de l’histoire du Canada de manière à sensibiliser les enfants et à leur permettre d’en tirer une leçon humaine et historique.

 

« Indéniablement un album jeunesse à ajouter à sa bibliothèque pour quiconque souhaite décoloniser sa culture personnelle et changer ses perspectives sur l’histoire du Canada. C’est une lecture vive et brutale, mais ô combien nécessaire !»
– Laurie

INCONTOURNABLES

Mois national de
l’histoire autochtone

Célébrons ce mois-ci en soulignant les oeuvres de la littérature autochtone. Dans cet article, vous retrouvez des  livres qui méritent votre attention ainsi que les coups de coeur de nos libraires.

Image en-tête : https://nativecanadianarts.com/

COUPS DE COEUR

« Une épopée à travers les terres sauvages en 100 pages. Nouvelle traduction du premier roman inuktitut. Dépaysement garanti. » – Laurence G.

Chasseur au harpon • Markoosie Patsauq • Boréal

Paru il y a cinquante ans, Chasseur au harpon est considéré comme le premier roman en inuktitut jamais publié. Dans ce livre qui a grandement contribué à l’essor de la littérature autochtone au Canada, Markoosie Patsauq plonge dans la réalité d’une communauté encore préservée de l’intrusion de la modernité où la coopération et la vigilance sont les seuls gages de survie.

En voir plus

Surtout, à travers la traque symbolique d’un ours et le dur apprentissage d’un jeune garçon, il met en scène le combat immémorial que ces hommes et ces femmes doivent livrer pour survivre.Pour la toute première fois, cette édition propose une traduction en français établie à partir du texte original en inuktitut, et non à partir de son adaptation en anglais. Accompagnée d’un avant-propos inédit de Patsauq, d’une préface de Mary Simon, ancienne présidente du Conseil circumpolaire inuit, et d’une postface des traducteurs, elle offre une lecture nouvelle et une remise en contexte bienvenue de ce roman fondateur.

« Un livre passionnant porté par différents styles d’écritures et une imagination qui donne des frissons! »

– Kilyan

Croc fendu • Tanya Tagaq • Alto

Elle grandit au Nunavut dans les années 1970. Elle connaît la joie, l’amitié, l’amour des parents, l’art du camouflage et de la survie. Elle connaît l’ennui et l’intimidation. Elle connaît les ravages de l’alcool, la violence sourde, le courage d’aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits. Elle scande en silence le pouvoir brut, amoral, de la glace et du ciel. Dans ce récit venu de loin, d’un espace intime et profond où les frontières s’effacent, Tanya Tagaq chronique les jours terribles d’un village écrasé sous le soleil de minuit.
Livre recommandé par nos libraires Kilyan, Laurence G. et Laurence P.

« Dans cette lettre à son amie Shuni (Julie, pour les Innus), Naomi Fontaine raconte son peuple, ses parents, son village. Elle s’adresse aussi à son fils, Petit ours, espérant l’aider à trouver sa place entre tradition et modernité. Une lecture apaisante comme un long jour d’été. »
– Louise

Shuni • Naomi Fontaine • Mémoire d’encrier

Naomi Fontaine écrit une longue lettre à son amie Shuni, une jeune Québécoise venue dans sa communauté pour aider les Innus. Elle convoque l’histoire. Surgissent les visages de la mère, du père, de la grand-mère. Elle en profite pour s’adresser à Petit ours, son fils. Les paysages de Uashat défilent, fragmentés, radieux. Elle raconte le doute qui mine le coeur des colonisés, l’impossible combat d’être soi. Shuni, cette lettre fragile et tendre, dit la force d’inventer l’avenir, la lumière de la vérité. La vie est un cercle où tout recommence.

« Un manifeste puissant par une femme déterminée et courageuse. Une voix authentique qui dénonce l’injustice qui a frappé les siens. »

– Laurence G.

Je suis une maudite sauvagesse • An Antane Kapesh • Mémoire d’encrier

Extrait de la préface par Naomi Fontaine : « La première écrivaine de ma nation n’est pas une conteuse, comme on pourrait s’y attendre. Elle est une essayiste. Dans cette œuvre fondatrice, Kapesh se dit fière de ses racines. Fière malgré l’incroyable impasse historique qui nous a fait devenir petits aux yeux des nouveaux arrivants. Fière malgré la haine, le mépris, les préjugés et les réserves. Fière parce qu’elle possédait, ce que peu possèdent désormais, la connaissance du territoire. Elle savait vivre à travers les espaces sans carte et sans boussole. Sans frontière. »

« Recueil coup de poing qui explore ce qu’on peut ressentir quand on vit en marge de la société, à l’intersection de deux minorités qui sont parfois elles-mêmes incompatibles.»
– Guillaume

Fif et sauvage • Shayne Michael • Perce-neige

Fif et sauvage est un livre à lire comme on marche sur une corde raide. Un vertige à mi-chemin entre le ciel et la terre ; entre les identités acadienne, queer et Wolastoqiyik ; entre les présupposés et l’affirmation. Fif et sauvage devient une sorte de réappropriation de sujets stéréotypés et de termes péjoratifs que se permet l’auteur afin de porter un regard honnête et brut sur soi et sur l’autre.

« Une belle prise de conscience sur la crainte qui pèse très lourdement sur les femmes autochtones.»

– Katrine

Si je disparais • Brianna Jonnie • De l’Isatis

« Mon nom est Brianna Jonnie. J’ai quatorze ans. Je suis autochtone. J’ai plus de chances de disparaître que mes pairs » En 2016, Brianna a écrit une lettre ouverte de dénonciation pour sensibiliser le public à la négligence des services de police dans la recherche des femmes autochtones disparues.

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Si je disparais est un roman graphique coup de poing, basé sur une histoire vraie, ou plutôt sur trop d’histoires vraies. La disparition et le meurtre de femmes et de filles autochtones ne sont PAS uniquement des problèmes autochtones canadiens. Ce sont des tragédies qui relèvent des droits humains partout dans le monde.

« Entre les problèmes familiaux, les apparitions, les répliques cinglantes (et hilarantes) de sa fille et le marathon de la réserve, Rose coure entre le drame et l’humour. Dawn Dumont ouvre une fenêtre sur la vie d’une communauté crie d’aujourd’hui, et nous prouve par le fait même que la Saskatchewan n’est peut-être pas si plate, après tout. » – Anne-Marie

La course de Rose • Dawn Dumont • Hannenorak

Après avoir perdu son emploi et son mari musicien, Rose Okanese, mère de deux filles au caractère bien trempé, décide qu’il est temps de s’occuper d’elle-même et de remonter son estime de soi. Son idée de génie : courir le marathon annuel organisé dans sa réserve, et ce, malgré le fait qu’elle n’a pas enfilé de souliers de course depuis vingt ans, qu’elle fume comme une cheminée et que l’optimisme n’est pas sa plus grande qualité.

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Ce dont elle ne manque pas, en revanche, c’est de spontanéité, et bien qu’elle regrette au départ de s’être engagée dans ce projet, elle se laisse peu à peu mener par son destin. Celui-ci placera sur son chemin un adversaire inattendu et on ne peut plus redoutable : un vieux démon bien connu de la communauté, avec lequel elle devra se battre pour conserver son indépendance d’esprit… C’est peu dire qu’en deux temps, trois mouvements, le chaos s’installe dans la réserve.

« Un récit qui va à la rencontre de plusieurs vies et où la vérité, cachée ou dévoilée, frappe où il le faut. »

– Juliette

Kuessipan • Naomi Fontaine • Mémoire d’encrier

Premier roman d’une jeune femme de vingt-trois ans qui rappelle par la puissance de son écriture quelques grands noms de la littérature autochtone comme Tomson Highway, Scott Momaday. Naomi Fontaine rejoint les grandes voix humaines. Kuessipan est un livre bouleversant qui nous fait découvrir le quotidien sur une réserve innue. C’est avec la grâce et la justesse d’une langue éblouissante que l’auteure Naomi Fontaine évoque cette réalité. Kuessipan : mot innu signifiant « à toi » ou « à ton tour ».

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Ce sont des lieux, des visages connus et aimés. Des chasseurs nomades. Des pêcheurs nostalgiques. Des portraits. Des vies autour de la baie qui reflète les choses de la Terre. Les lièvres. La banique. Les rituels. Les tambours en peau de caribou qui font danser les femmes. Des enfants qui grandissent. Des vieux qui regardent passer le temps. Des saumons à pêcher. Des épinettes. Des barrières visibles et invisibles. Des plaisirs éphémères. De l’alcool qui éclate les cervelles. Des souvenirs. Des voyages en train. Et surtout l’évidence que la vie est cet ensemble de morceaux à emboîter pour que naisse la symphonie.

« L’essai Kuei je te salue propose un dialogue réflexif sur la question du racisme, en partie celui auquel font face les Autochtones. À la fois profond mais accessible, cet échange permet d’ouvrir la discussion sociale. Un incontournable de la littérature québécoise! »
– Anne-Marie

Kuei, je te salue • Natasha Kanapé Fontaine • Écosociété

En 2016, la poète Innu Natasha Kanapé Fontaine et le romancier québéco-américain Deni Ellis Béchard entamaient une conversation sans tabou sur le racisme entre Autochtones et Allochtones. Cette rencontre littéraire et poétique ouvrait un dialogue nécessaire et faisait émerger une série de questions. Comment cohabiter si notre histoire commune est empreinte de honte, de blessures et de colère ? Comment faire réaliser aux Blancs le privilège invisible de la domination historique? Comment guérir les Autochtones des stigmates du génocide culturel ? Édition 2021 revue et augmentée.

« Des poèmes sur la mémoire, la vieillesse, le territoire, l’autre et soi. Joséphine Bacon décrit bien ce quelque part où se mélangent le passé et le présent, l’ici et l’ailleurs, la parole et le silence. »

– Juliette

Uiesh Quelque part • Joséphine Bacon • Mémoire d’encrier

Quelque part, une aînée avance. Elle porte en elle Nutshimit, Terre des ancêtres. Une mémoire vive nomadise, épiant la ville, ce lieu indéfini. La parole agrandit le cercle de l’humanité. Joséphine Bacon fixe l’horizon, conte les silences et l’immensité du territoire.

EN BANDE DESSINÉE

«La vérité, c’est que je suis Québécoise, que ma famille habite leur territoire traditionnel depuis plus de 200 ans et, pourtant, je ne connais pratiquement rien d’eux et je n’en connais aucun. La vérité, c’est que j’ai honte de moi. Honte de nous.»

Racontée à partir de sa propre expérience mais aussi celle de nombreux Autochtones et Allochtones, cette œuvre polyphonique explore les legs de notre inconscient colonial et fait surgir des histoires trop longtemps restées dans l’ombre.

Parti à la rencontre des Denes en 2015 dans les territoires du Nord-Ouest du Canada, l’auteur raconte en images l’histoire de ce peuple autochtone, ses traditions et ses premières rencontres avec les Anglais. Ils furent d’abord livrés à eux-mêmes jusqu’à ce que la découverte du pétrole et de l’or incite le gouvernement à officialiser son autorité sur eux comme sur leurs terres.

POUR LA JEUNESSE

« Un conte idéal pour construire une routine du dodo amusante avec votre enfant! »

– Katrine

Allez, au lit! • Ceporah Mearns • Les malins

C’est l’heure de se mettre au lit, mais Siasi n’est pas du même avis! Elle ne veut pas se brosser les dents, elle veut danser avec l’ours polaire. Elle ne veut pas mettre son pyjama, elle veut faire la course avec le caribou. Elle ne veut pas ranger sa chambre, elle veut voler avec les oies sauvages! Décidément, Siasi n’est pas près de se mettre au lit!

« Un album permettant de sensibiliser les jeunes à la réalité des Premières Nations. Une belle histoire de persévérance. »

– Laurence G.

Nibi a soif, très soif • Sunshine Tenasco • Scholastic

Nibi (dont le nom signifie « eau » dans la langue anishinaabe) est une jeune fille autochtone à la recherche d’eau potable. En dépit des nombreux obstacles auxquels elle fait face, elle provoque d’importants changements dans son entourage! Bientôt, grâce à sa détermination et à son énergie contagieuse, tous les membres de sa communauté ont accès à de l’eau de qualité. Parents et enfants seront inspirés par le texte empreint d’espoir de l’auteure Sunshine Tenasco et par les illustrations à couper le souffle de Chief Lady Bird, qui évoquent la force et la résilience.

« Indéniablement un album jeunesse à ajouter à sa bibliothèque pour quiconque souhaite décoloniser sa culture personnelle et changer ses perspectives sur l’histoire du Canada. C’est une lecture vive et brutale, mais ô combien nécessaire !»
– Laurie

Je ne suis pas un numéro • Jenny Kay Dupuis • Scholastic

Irene, huit ans et ses deux frères sont forcés de quitter leur famille pour aller dans un pensionnat loin de chez eux. C’est la loi! Dans cet endroit austère, on les empêche de parler leur langue et on leur donne un numéro en guise de nom. À la fin de l’année scolaire, les enfants rentrent à la maison et informent leurs parents des conditions exécrables dans lesquelles ils doivent vivre au pensionnat. Trouveront-ils un moyen de cacher les enfants afin qu’ils n’y retournent jamais? Inspiré de la vie de la grand-mère de Jenny Kay Dupuis, Je ne suis pas un numéro met en lumière une sombre partie de l’histoire du Canada de manière à sensibiliser les enfants et à leur permettre d’en tirer une leçon humaine et historique.

 

« La triste époque des pensionnats racontée à travers les yeux de Nipishish.  Une histoire touchante et nécessaire. Celle-ci permet de se plonger dans l’expérience déchirante vécue par trop d’autochtones. »

– Laurence G.

Le pensionnat • Michel Noël • Dominique et compagnie

Voici une histoire tragique inscrite dans le passé de notre pays. Celle de Nipishish et de ses amis, qui sont transplantés contre leur gré dans un pensionnat indien. Pour le privilège d’apprendre à lire et à compter, les jeunes Amérindiens auront un prix horrible à payer… Une aventure vécue, écrite dans une langue magnifique, qui restera gravée dans le coeur des lecteurs. Michel Noël a vécu son enfance en forêt, en milieu autochtone, et sa culture première est celle des Anishnabés. Il est Métis et, par son oeuvre, il partage l’héritage culturel qui l’habite. Avec ce roman essentiel, il invite le lecteur à découvrir et à mieux comprendre un épisode cruel de l’Histoire du Canada et des peuples autochtones. Dès 13 ans.
INCONTOURNABLES